23h17

#5

Le sais-tu, petit matin, ne reste rien que des cendres,

Le soleil a pris le relai, pourquoi pas.

Nos bouteilles vides, plus rien à descendre, nos bouches en terre,

Désolées. Le clan éparpillé, aux quatre coins du feu. La clairière.

C’est le réveil des premiers Hommes, ouais la nature encore sauvage.

Et puis la braise rougeoie encore, et rien n’est mort, tant qu’ils sont là.

On n’allume pas, on souffle, on pense, surtout le chaud et peu le froid.

On sacrifie, la forêt danse. Et tout ce qui brûle, le clan se réchauffe.

Le clan s’appelle O.F.F. Comme On Fait Feu.

De tout bois.


#4 – Rose blanche

Je ne sais pas ton nom, encore moins ton visage.
Mais je travaille, clandestin, en fond d’cave
Sur une machine du moyen âge
Un minuscule morceau de papier
Arraché au dernier tirage, des griffes du temps
Pour le poser entre tes mains.

Je ne peux te dire ce que je pense alors je presse
Contre mon cœur, le minuscule morceau de papier
En off set, la voix humide, la nuit tombée
Avec mon groupe d’impression, si dissident
Dis moi c’est quand qu’on s’en balance
Et qu’on se lance, les mots tabous.

Sur la terre de nos amours. En pluie de larmes.
Ce minuscule morceau de papier refleurira
Et tu verras, des racines reviendront les poèmes.
S’écriront sur les feuilles tout ce qui a été dit.
De plus beau, les « Je t’aime ».

A cet instant nous étions. Et nous serons. Réunis à nouveau.


#3

Assieds-toi une minute au feu de camp. Ici, on a le temps. On a toujours le temps.

Tu sais, la plus belle des histoires, parée des mots les plus grandioses, n’est à la fin qu’une feuille de papier.

Juste de quoi faire passer la nuit. S’y réchauffer. Et sa lumière.

Ouais rien qu’un brouillon à brûler, pour alimenter le feu, matière première.

Le feu, le seul endroit de la mémoire, où retrouver la nuit des temps.

Où réécrire la belle histoire. Comme à chaque fois.


#2

T’imagines, s’il n’était jamais trop tard. Pour se remettre en marche.

Réparer la machine.

L’étincelle au feu de camp, cheveux dans le vent, tes 17 ans.

Et cette mèche qui allume un sourire.

Faire escale.

Et t’écouter parler, toujours.

Trouver la morale.

Ne plus fuir.


#1

T’imagines, si on pouvait faire table rase. Du passé.

Reprendre à zéro. Là où tout a commencé.

Tout effacer, comme si on s’était gouré de chemin.

Faire machine arrière.

Appuyer sur OFF, et puis rallumer.

Ouais, comme on rallume un feu, en soufflant sur les braises.

Juste pour la chaleur et la lumière.